FABRICATION  - MATERIEL SCIENTIFIQUE EMBARQUE

Fabrication et matériel scientifique embarqué


C'est au Jet Propulsion Laboratory (JPL, basĂ© Ă  Pasadena en Californie) que l'on doit la conception et la fabrication des sondes Voyager. La plupart des instruments scientifiques ont cependant Ă©tĂ© fournis par d'autres entreprises. Trois sondes furent construites pour la mission : VGR77-1 (qui servit uniquement Ă  des tests au sol), VGR77-2 (lancĂ©e sous le nom de Voyager 1) et VGR77-3 (Voyager 2). Elles ont Ă©tĂ© testĂ©es et assemblĂ©es au Spacecraft Assembly Facility, deux grandes salles stĂ©rilisĂ©es du Kennedy Space Center en Floride. Les derniers tests ont eu lieu Ă  Cap Canaveral, dans le Eastern Test Range, un hangar proche de l'aire de lancement. GrĂące aux donnĂ©es de la mission Pioneer, les ingĂ©nieurs du JPL ont pu optimiser le matĂ©riel scientifique embarquĂ©, en considĂ©rant les difficultĂ©s liĂ©es Ă  ce type de projet : longues distances Ă  parcourir, longueur de la mission et environnement spatial rude. La traversĂ©e de la ceinture d’astĂ©roĂŻdes et les radiations dans le voisinage de Jupiter, mille fois supĂ©rieures Ă  la dose lĂ©thale pour un humain, sont les obstacles majeurs au bon dĂ©roulement de la mission. Les Voyager, sondes spatiales les plus sophistiquĂ©es de leur Ă©poque, devront ĂȘtre fiables, endurantes et bien protĂ©gĂ©es du milieu interplanĂ©taire.


Le systÚme d'imagerie (ISS, Imaging Science System) est constitué sur chaque sonde de 2 caméras :


- une caméra grand angle offrant un champ image de 3,2° (200 mm de focale, f/3,5), équipée d'une roue à filtres

(filtres bleu, transparent, violet, sodium D -jaune-, longueur d'onde du méthane (x2), vert et orange)


- une caméra à objectif standard (téléobjectif) offrant un champ de 0,4° (19 cm d'ouverture pour 1500 mm de focale, f/8,5) elle aussi équipée d'une roue à filtres (filtres bleu, transparents (x2), violet, orange, vert (x2) et ultraviolet)

 


MONDES

Terre

Lune


Jupiter

Adrastée

Amalthée

Callisto

Europe

GanymĂšde

Io

MĂ©tis

Thébé


Saturne

Atlas

Calypso

Dioné

Encelade

Epiméthée

HĂ©lĂšne

Hypérion

Janus

Japet

Mimas

Pan

Pandore

Phoebé

Prométhée

Rhéa

TĂ©lesto

TĂ©thys

Titan


Uranus

Ariel

Belinda

Bianca

Cordélia

Cressida

Desdémone

Juliette

Miranda

Obéron

Ophélie

Perdita

Portia

Puck

Rosalinde

Titania

Umbriel


Neptune

Despina

Galatée

Larissa

NaĂŻade

Néréide

Protée

Thalassa

Triton


CHRONOLOGIE

1972

Mission approuvée

1973

1974

1975

1976

1977

Lancements

1978

1979

Jupiter

1980

1981

Saturne

1982

1983

1984

1985

1986

Uranus

1987

1988

1989

Neptune

1990

Photo de famille

Mission Interstellaire

1991

1992

1993

1994

1995

1996

1997

1998

Voyager 1 dépasse Pioneer 10

1999

2000

2001

2002

2003

2004

Voyager 1 choc terminal

2005

2006

2007

Voyager 2 choc terminal

2008

2009

2010

2011

2012

Voyager 1 espace interstellaire

2013

2014

2015

2016

2017

2018

2019

2020

2021

2022

2023

2024

2025

Fin des communications ?

Préparations

Chaque image fournie par la sonde contient 640 000 pixels (800 lignes composées chacune de 800 pixels). Chaque caméra dispose d'un systÚme "Vidicon", qui convertit les données optiques en signaux électroniques (256 niveaux de gris). Ces derniers sont ensuite envoyés sur Terre puis traités (en fonction des filtres utilisés par les caméras lors des prises de vue) par l'équipe d'imagerie de la mission, laquelle publie ensuite les images en couleurs que nous connaissons. Il faut environ une minute pour acquérir une image en noir et blanc. Chaque image pÚse 5,12 MB. La résolution de la caméra à objectif standard est suffisante pour lire le titre d'un journal situé à un kilomÚtre. Sur les soixante-dix-sept propositons d'instruments et d'objectifs scientifiques, vingt-huit furent selectionnées. En plus du systÚme ISS, les deux sondes seront équipées en identique pour mesurer :


les rayons cosmiques (détecteur CRS, Cosmic Ray System)


les bilans énergétiques et les températures (spectromÚtre interféromÚtre infrarouge et radiomÚtre IRIS, InfraRed Interferometer Spectrometer)


les particules à faible énergie (détecteur LECP, Low-Energy Charged Particles)


l’intensitĂ© et la polarisation de la lumiĂšre dans huit longueurs d’onde diffĂ©rentes (photopolarimĂštre PPS, PhotoPolarimeter System)


les champs magnétiques planétaires et interplanétaires (magnétomÚtres MAG, triaxal fluxgate MAGnetometer)


les signaux radio et les ondes plasma (systĂšmes PRA, Planetary Radio Astronomy et PWS, Plasma Wave System se partageant 2 antennes)


les variations de vitesse, densité et pression du plasma (spectromÚtre plasma PLS, Plasma Spectrometer)


le rayonnement ultraviolet des atmosphĂšres (spectromĂštre ultraviolet UVS, UltraViolet Spectrometer)

Instruments

(Cliquez sur les images pour les agrandir)

CRS                 IRIS                LECP                PPS                 MAG           PRA/PWS             PLS                UVS

FABRICATION  - MATERIEL SCIENTIFIQUE EMBARQUE

Dimensions et caractéristiques techniques


Les sondes ont une masse de 815 kg chacune au moment du lancement (Ă  comparer aux 258 kg de Pioneer 10). En retirant toutes les perches, la sonde rentrerait dans un cube de 4 mĂštres de cĂŽtĂ©. Le diamĂštre de l'antenne parabolique grand gain est de 3,66 mĂštres. La structure dĂ©cagonale en aluminium formant le coeur de chaque sonde mesure 1,78 m de "diamĂštre" pour 47 cm d'Ă©paisseur. S'y trouvent notamment l'informatique embarquĂ©e, dix boĂźtiers Ă©lectroniques ainsi que le Voyager Golden Record, fixĂ© sur une des dix faces de la structure. Construit en titane, le rĂ©servoir sphĂ©rique pressurisĂ© d'hydrazine (chargĂ© de 105 kg de carburant au dĂ©but de la mission) se trouve au centre de cette structure. La majoritĂ© des instruments scientifiques se situe sur une perche s'Ă©tendant jusqu'Ă  environ 2,50 m du centre de la sonde. Pour ne pas ĂȘtre perturbĂ©s par le champ magnĂ©tique de la sonde elle-mĂȘme, deux des magnĂ©tomĂštres sont installĂ©s sur une perche de 13 m de longueur (un au bout et l'autre Ă  mi-longueur), visible en bas Ă  gauche sur la photo ci-contre. Une troisiĂšme perche (longue de 3,7 m) contient les gĂ©nĂ©rateurs thermoĂ©lectriques Ă  radioisotope produisant l'Ă©nergie nĂ©cessaire Ă  la mission. AprĂšs avoir Ă©tĂ© repliĂ©es dans des protections de 60 cm durant la phase critique du lancement, les trois perches en fibre de verre ont ensuite Ă©tĂ© dĂ©ployĂ©es sur toute leur longueur. Les systĂšmes PRA et PWS fonctionnent quant Ă  eux grĂące Ă  deux antennes de 10 m, perpendiculaires l'une Ă  l'autre et faites d'un alliage bĂ©ryllium-cuivre. La masse totale de l'instrumentation scientifique s'Ă©lĂšve Ă  105 kg. Chaque sonde est constituĂ©e de 65 000 piĂšces et de 5 millions de composĂ©s Ă©lectroniques.


Du cĂŽtĂ© de l’informatique embarquĂ©e, on retrouve sur chaque sonde trois types d’ordinateurs (donnĂ©es de vol ; commande informatique ; contrĂŽle de l'orientation et du mouvement) en deux exemplaires chacun, logĂ©s avec le reste de l'Ă©lectronique embarquĂ©e dans la structure dĂ©cagonale formant le coeur de chaque sonde. L'informatique dispose de son propre systĂšme d'autoprotection, qui rend la sonde capable de se "rebooter" elle-mĂȘme en cas de problĂšme, ce qui est capital pour sa survie Ă©tant donnĂ© son Ă©loignement avec la Terre. La capacitĂ© totale des ordinateurs de chaque sonde s’élĂšve Ă  68 KB, bien peu comparĂ© aux ordinateurs modernes. Si besoin est, les donnĂ©es scientifiques peuvent ĂȘtre enregistrĂ©es puis retransmises ensuite vers la Terre. Les tĂȘtes de lecture de l'enregistreur de donnĂ©es sont extrĂȘmement fiables : imaginez lire une cassette vidĂ©o de 2 heures sur votre magnĂ©toscope une fois par jour pendant 35 ans, sans aucun accroc ! Chaque sonde dispose d'un enregistreur numĂ©rique d'une capacitĂ© de stockage de 500 MB. Du lancement des sondes jusqu'au survol de Neptune, le volume total d'informations transmises s'Ă©lĂšve Ă  5 000 milliards de bits, de quoi remplir plus de 7 000 CD.

 

La stabilisation des sondes suivant les 3 axes (tangage, lacet et roulis) est contrÎlée par l'acquisition puis le suivi des positions du Soleil et de l'étoile repÚre Canopus (durant certaines phases de la mission, d'autres étoiles furent utilisées comme repÚre : notamment Véga pour Voyager 1 et Deneb pour Voyager 2). Voyager 1 utilise aujourd'hui Alpha du Centaure comme étoile repÚre. Lors de manoeuvres particuliÚres (longue pose photographique, calibrage des instruments, correction de trajectoire...), ce sont les gyroscopes embarqués qui ont assuré le contrÎle de l'orientation des sondes. Les gyroscopes sont sensibles à des mouvements de la sonde de l'ordre du dix-milliÚme de degré. Les mouvements des Voyager se font à l'aide de 16 propulseurs à hydrazine répartis sur chaque sonde. Parmi ces 16 propulseurs, quatre sont alloués aux manoeuvres de correction de trajectoire, tandis que les douze autres sont utilisés pour la stabilisation de la sonde. Chaque propulseur délivre une puissance de 0,2 pound, soit 0,89 newton.

Vue générale de la sonde

Base de données satellites


VOYAGER 2

Catalogue des objets spatiaux

n° 10271

Identifiant COSPAR

1977-076-A


VOYAGER 1

Catalogue des objets spatiaux

n° 10321

Identifiant COSPAR

1977-084-A

La plate-forme de balayage scientifique peut ĂȘtre orientĂ©e suivant deux axes (sur pratiquement 360° en azimut et environ 210° en mouvement vertical, le tout avec une prĂ©cision infĂ©rieure au dixiĂšme de degrĂ©) pour une meilleure prĂ©cision de pointage de ses quatre instruments optiques. Le moteur de la plate-forme de Voyager 2 a effectuĂ© 5 millions de rotations (9000 Ă  chaque tour de la plate-forme sur elle-mĂȘme), entre le lancement et le survol de Neptune.

Les protections thermiques des sondes ne sont pas représentées sur ces deux schémas pour plus de clarté.

CHRONOLOGIE

1972

Mission approuvée

1973

1974

1975

1976

1977

Lancements

1978

1979

Jupiter

1980

1981

Saturne

1982

1983

1984

1985

1986

Uranus

1987

1988

1989

Neptune

1990

Photo de famille

Mission Interstellaire

1991

1992

1993

1994

1995

1996

1997

1998

Voyager 1 dépasse Pioneer 10

1999

2000

2001

2002

2003

2004

Voyager 1 choc terminal

2005

2006

2007

Voyager 2 choc terminal

2008

2009

2010

2011

2012

Voyager 1 espace interstellaire

2013

2014

2015

2016

2017

2018

2019

2020

2021

2022

2023

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2025

Fin des communications ?

MONDES

Terre

Lune


Jupiter

Adrastée

Amalthée

Callisto

Europe

GanymĂšde

Io

MĂ©tis

Thébé


Saturne

Atlas

Calypso

Dioné

Encelade

Epiméthée

HĂ©lĂšne

Hypérion

Janus

Japet

Mimas

Pan

Pandore

Phoebé

Prométhée

Rhéa

TĂ©lesto

TĂ©thys

Titan


Uranus

Ariel

Belinda

Bianca

Cordélia

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Desdémone

Juliette

Miranda

Obéron

Ophélie

Perdita

Portia

Puck

Rosalinde

Titania

Umbriel


Neptune

Despina

Galatée

Larissa

NaĂŻade

Néréide

Protée

Thalassa

Triton


Les champs de vision des instruments optiques de la plate-forme de balayage des Voyager se chevauchent de telle sorte que leurs donnĂ©es peuvent ĂȘtre mises en corrĂ©lation.

Communications avec la Terre


Les communications radio avec la Terre se font avec un émetteur-récepteur, relié à une antenne grand gain parabolique de 3,66 m de diamÚtre. Chaque sonde contient en réalité deux émetteurs d'une puissance de 23 watts qui assurent les transmissions (puissance équivalente à celle d'une ampoule de réfrigérateur). Le débit maximal des communications était de 115 kb/seconde dans la région de Jupiter, 48 kb/s pour Saturne. Aujourd'hui, ce débit est de l'ordre de 160 bits par seconde, en temps réel. Les données sont reçues en temps réel par les antennes de 34 mÚtres du Deep Space Network (DSN). L'enregistreur digital receuille l'essentiel des données sur les ondes plasma une fois par semaine et par sonde à un débit plus élevé (115,2 kb/s) sur une durée de 48 secondes (96 secondes pour Voyager 1). Le contenu de l'enregistreur de chaque sonde est ensuite transmis vers la Terre une fois tous les six mois, et reçu par les gigantesques antennes de 70 m. Les données brutes subissent ensuite un traitement afin de les convertir en fichiers électroniques utilisables pour les scientifiques du programme. L'envoi de données depuis les antennes de 70 m à destination des sondes est moins contraignant puisqu'il peut atteindre la puissance de 400 kW.


Sur Terre, le suivi et le contrĂŽle des transmissions avec les sondes sont assurĂ©s par le DSN, un rĂ©seau de trois stations rĂ©parties sur le globe pour un suivi continu. La premiĂšre station se trouve Ă  Goldstone, dans le dĂ©sert de Mojave en Californie, la deuxiĂšme Ă  Robledo, prĂšs de Madrid (Espagne) et enfin la troisiĂšme dans la rĂ©serve naturelle de Tidbinbilla, prĂšs de Canberra (Australie). Chacune de ces stations dispose (en 1977) d'une antenne de 64 m de diamĂštre et de deux antennes de 26 m. Depuis cette Ă©poque, le rĂ©seau DSN a vu son nombre d'antennes augmenter. En 2011, chaque station dispose en effet d'une antenne de 70 m (celle de 64 m agrandie et amĂ©liorĂ©e), de plusieurs antennes de 34 m (quatre Ă  Goldstone, trois Ă  Madrid, deux Ă  Canberra) et d'une antenne de 26 m. La tĂ©lĂ©mĂ©trie reçue de la station de Goldstone est envoyĂ©e directement au Jet Propulsion Laboratory (JPL) Ă  Pasadena en Californie. Pour les autres stations, elle est d'abord envoyĂ©e par satellite via le centre Goddard de la NASA Ă  Greenbelt (Maryland), avant d'ĂȘtre reçue au JPL. En cas de mauvais temps, plusieurs heures de donnĂ©es sont perdues. Ce fut notamment le cas lors du survol de Jupiter par Voyager 1 (stations de Canberra et de Madrid), ainsi que celui de Saturne par Voyager 1 (orages sur la station de Madrid le 8 novembre 1980).


Pour obtenir une meilleure réception des données, les différentes antennes d'une station (voire de stations différentes) sont utilisées en interférométrie, une technique utilisant la séparation entre les antennes pour obtenir l'équivalent d'une antenne encore plus grande. En plus des stations propres au DSN, d'autres stations d'écoute furent en effet utilisées par le programme Voyager : le Parkes Radio Observatory (Australie), le Very Large Array (27 antennes de 25 m situées au Nouveau-Mexique) et l'Usuda Observatory (Japon). C'est le survol de la lointaine Neptune par Voyager 2 en 1989 qui a contraint le DSN à améliorer son dispositif de suivi et de transmission. Le partenariat entre le Very Large Array et le Deep Space Network a débuté en 1982, lorsqu'il fut reconnu que Voyager 2 "survivrait" jusqu'au survol de Neptune.


Avec les grandes distances, la puissance du signal reçu sur Terre est de l'ordre de 10^-16 W (soit quelques millioniÚmes de milliardiÚmes de watt), sans oublier que les ondes radio voyagent à la vitesse de la lumiÚre (environ 300 000 km par seconde) et mettent donc plusieurs heures pour parcourir la distance séparant la sonde de la Terre. La précision des Voyager est faramineuse : lors de son survol de Neptune, Voyager 2 se trouvait à seulement 100 km du point de passage idéal, le tout aprÚs un périple de 7 128 603 456 km ! Une précision équivalente à celle nécessaire pour réussir un coup au golf alors que le trou se situerait à 3630 km du golfeur. Les équipements radio des sondes Voyager et du DSN ont également été utilisés à des fins scientifiques, dans le cadre du systÚme RSS (Radio Science System). En effet, les ondes radio donnent des informations sur les champs gravitationnels, les atmosphÚres, la couronne solaire ou encore la relativité générale.

Station d'Ă©coute de Goldstone (Californie)

DEEP SPACE NETWORK

 

https://eyes.nasa.gov/dsn/dsn.html

 

AccÚs en temps réel

au suivi des antennes du réseau

Station d'Ă©coute de Canberra (Australie)

Les stations du Deep Space Network (DSN)

Chaque sonde dispose d'une antenne grand gain de 3,66 m de diamĂštre

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Source d'Ă©nergie


Ambitionnant les confins du systĂšme solaire pour leurs sondes, les concepteurs ne pouvaient pas les alimenter par le biais de classiques panneaux solaires photovoltaĂŻques, ceux-ci Ă©tant peu efficaces Ă  grande distance du Soleil, voire inutiles plus loin dans l’espace. Les Voyager seront donc alimentĂ©es en Ă©lectricitĂ©, via des gĂ©nĂ©rateurs thermoĂ©lectriques Ă  radioisotope, l'Ă©nergie Ă©lectrique Ă©tant produite par des thermocouples qui convertissent la chaleur Ă©mise par la dĂ©croissance radioactive du plutonium 238 embarquĂ© (PuO2). Afin d'Ă©viter de trop perturber les mesures, les trois gĂ©nĂ©rateurs sont situĂ©s sur une perche opposĂ©e Ă  celle portant la majoritĂ© des instruments scientifiques. Chaque gĂ©nĂ©rateur est contenu dans un cylindre en bĂ©ryllium de 50,8 cm de long, 40,6 cm de diamĂštre et d'une masse de 39 kg. La puissance rĂ©sultante pour chaque sonde Ă©tait de 470 Watts au dĂ©but de la mission en 1977, distribuĂ©e sous la forme d’un courant Ă©lectrique continu de 30 Volts. L'alimentation Ă©lectrique ne peut en aucun cas ĂȘtre coupĂ©e. Cette Ă©lectricitĂ© est notamment utilisĂ©e par les instruments scientifiques (105 Watts au total), par l'informatique embarquĂ©e mais aussi pour les communications radio avec la Terre.


Au fur et Ă  mesure de la dĂ©croissance du plutonium, chaque sonde aura d’autant moins d’énergie (donc de marge de manƓuvre) Ă  sa disposition. A noter que ce type de gĂ©nĂ©rateur a dĂ©jĂ  Ă©tĂ© utilisĂ© avec succĂšs lors des missions Pioneer 10 et 11. En plus de leur source Ă©lectrique, les Voyager ont Ă©galement embarquĂ© de l'hydrazine (105 kg sur chaque sonde), carburant indispensable permettant le mouvement des sondes via des propulseurs dĂ©diĂ©s. L'immense majoritĂ© de l'Ă©nergie de la mission fut utilisĂ©e par le carburant des fusĂ©es lors du dĂ©collage. MalgrĂ© cette Ă©norme dĂ©pense Ă©nergĂ©tique initiale, l'efficacitĂ© Ă©nergĂ©tique des sondes Voyager reste remarquable, puisque Voyager 2 a parcouru 13 000 km par litre de carburant jusqu'Ă  Neptune. Ce taux augmente chaque jour un peu plus Ă  mesure qu'elle s'Ă©loigne du Soleil, sans dĂ©pense de carburant supplĂ©mentaire.

 

Générateurs thermoélectriques

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Le Voyager Golden Record


Les sondes Voyager ont Ă©galement embarquĂ© chacune un disque appelĂ© Voyager Golden Record contenant des images et des sons sĂ©lectionnĂ©s dans le but de prĂ©senter un instantanĂ© de l’histoire de notre monde Ă  travers la diversitĂ© de sa vie et de sa culture Ă  d’éventuels ĂȘtres extraterrestres qui le trouveraient. Il s’agit d’un disque de cuivre plaquĂ© or de 30,48 cm de diamĂštre (12 pouces) dans lequel ont Ă©tĂ© enregistrĂ©s une sĂ©lection d’images et de sons. Afin de constituer le contenu du disque, la NASA a nommĂ© un comitĂ© de sĂ©lection. Le cĂ©lĂšbre et regrettĂ© astrophysicien Carl Sagan en fut le prĂ©sident, accompagnĂ© entre autres de l’astronome Frank Drake. Au total, 115 images furent sĂ©lectionnĂ©es (toutes ont le mĂȘme format et sont encodĂ©es sous forme analogique), parmi lesquelles un graphique montrant la position de la Terre dans l‘espace, une photo de fƓtus, la structure de l'ADN, une ville, une classe d’école
 Au niveau des 35 sons naturels et artificiels, on retrouve donc la nature (vague, tonnerre, Ă©ruption volcanique, vent
), des cris et chants d’animaux (Ă©lĂ©phants, oiseaux, baleines
) et des bruits « fabriquĂ©s Â» par l’homme (train, tracteur, fusĂ©e au dĂ©collage
). S'y ajoute une sĂ©lection musicale de 90 minutes reprĂ©sentant la diversitĂ© des Ă©poques et des cultures, et enfin des salutations prononcĂ©es par des habitants de la Terre en 55 langues diffĂ©rentes.


S’y trouvent Ă©galement des messages imprimĂ©s Ă©crits par Jimmy Carter, prĂ©sident des Etats-Unis de l’époque et par Kurt Waldheim, secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral des Nations Unies. Dans la sonde se trouve le matĂ©riel nĂ©cessaire Ă  la lecture du disque (une aiguille et une cellule), ainsi que des informations indiquant l’origine de celle-ci. Un schĂ©ma explicatif indiquant le mode de lecture est gravĂ© sur le couvercle en aluminium du disque. La lecture du disque doit se faire Ă  1000 tours par heure, soit 16,67 tours par minute. De plus, un Ă©chantillon d’uranium 238, choisi pour sa pĂ©riode radioactive de 4,5 milliards d’annĂ©es, est Ă©galement embarquĂ© Ă  bord de chaque sonde, permettant de dĂ©terminer le temps Ă©coulĂ© depuis le lancement par datation radioactive (mĂ©thode comparable Ă  celle du carbone 14). Chaque disque est plus une « bouteille Ă  la mer cosmique » qu’un vĂ©ritable message, les chances d’interception par une autre civilisation Ă©tant trĂšs faibles.

 

Vous trouverez des liens utiles concernant le contenu du disque sur la page "Liens Internet" du site.


Fin 2016, une campagne Kickstarter a été lancée avec succÚs afin de célébrer les 40 ans du Voyager Golden Record.

Outil gratuit et accessible Ă  tous

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CHRONOLOGIE

1972

Mission approuvée

1973

1974

1975

1976

1977

Lancements

1978

1979

Jupiter

1980

1981

Saturne

1982

1983

1984

1985

1986

Uranus

1987

1988

1989

Neptune

1990

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1991

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1993

1994

1995

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1997

1998

Voyager 1 dépasse Pioneer 10

1999

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2004

Voyager 1 choc terminal

2005

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2025

Fin des communications ?

Installation du disque

La chanson "Johnny B. Goode" de Chuck Berry  fait partie de la sĂ©lection musicale du Voyager Golden Record. Ecrite en 1958, elle raconte l'histoire largement autobiographique d'un garçon de la campagne qui « jouait de la guitare comme on sonne une cloche Â». "Johnny B. Goode" est considĂ©rĂ©e (Ă  juste titre) comme l'une des meilleures chansons rock jamais crĂ©ees. Un peu de musique dans l'effrayant silence de l'espace...

Couvercle du VGR

Fabrication des disques

Installation sur une des sondes

Des répliques sont aujourd'hui visibles dans différents musées consacrés à l'espace

FABRICATION  - MATERIEL SCIENTIFIQUE EMBARQUE

Citations de Carl Sagan Ă  propos du disque :


« Nous avons enregistrĂ© des sons qu'on aurait pu entendre aux premiers Ăąges de notre planĂšte, avant l'apparition de la vie, puis des sons Ă©voquant l'Ă©volution de l'espĂšce  humaine jusqu'aux plus rĂ©cents dĂ©veloppements de notre technologie »

« C'est un message d'amour, que nous lançons dans la profonde immensitĂ©. Il restera sans doute en grande partie indĂ©chiffrĂ© mais nous le transmettons cependant, parce qu'il  est important d'essayer »

« Dans un milliard d’annĂ©es, quand tout ne sera plus que poussiĂšre sur Terre, les enregistrements de Voyager parleront encore pour nous Â»


« Une des sondes ne sera trouvĂ©e et l'enregistrement jouĂ© seulement si des civilisations spatiales avancĂ©es existent dans l'espace interstellaire. Mais le lancement de cette  bouteille dans l'ocĂ©an cosmique reflĂšte quelque chose de trĂšs optimiste Ă  propos de la vie sur cette planĂšte »


 

Carl Sagan et la fameuse plaque des sondes Pioneer

Carl Sagan (1934-1996) restera longtemps associé au programme Voyager

FILM D'ANIMATION EN HOMMAGE AUX SONDES VOYAGER SIGNÉ GUY COLLINS

CHRONOLOGIE

1972

Mission approuvée

1973

1974

1975

1976

1977

Lancements

1978

1979

Jupiter

1980

1981

Saturne

1982

 

 


MONDES

Terre

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Jupiter

Adrastée

Amalthée

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Europe

GanymĂšde

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MĂ©tis

Thébé


 

 


"VOYAGERS" : FILM DE DANIEL LAND ET PAUL FRIELING CineSpace 2015